LA FORET DES LANDES DE GASCOGNE

L'arbre est aussi vieux que le monde. Selon la Genèse, il aurait même existé avant le père des hommes. La forêt landaise, pour sa part, après une longue éclipse, est ressuscitée de la mort des sables et des marais pour les féconder. Ce réveil est dû à de nombreuses générations de paysans landais, propriétaires et métayers, qui par leur courage et leur patience sont parvenus à passer d'un régime pastoral à un régime forestier.
Ces pionniers aux noms obscurs ou célèbres ont créé et recréé, sur le sable humide ou sec, cette forêt d'un million d'hectares. Comme pour les arts, les civilisations ont leurs noms d'homme les plus représentatifs. Ici, ce sont les Brémontier, les Chambrelent et également Napoléon III. Nommé ingénieur en chef de Guyenne en 1784, Brémontier a rédigé son fameux mémoire sur les dunes en 1788 et a créé la commission des dunes et par celle-ci la fixation jusqu'en 1816 de 2 507 ha en Gironde et 1 867 ha dans les Landes. Ce travail se poursuivit jusqu'en 1876 sous l'autorité de l'administration des ponts et chaussées, puis des forêts.
La transformation des landes, incultes et malsaines, en terres cultivées ou boisées a été une lente évolution devant aboutir, sous le second empire, a la loi fameuse du 19 juin 1857 qui contribua à la stagnation des eaux par le boisement en pins.
L'exploitation de la résine, longtemps source de richesse a pratiquement disparu depuis une vingtaine d'années. L'essentiel des ressources vient maintenant de la transformation du bois en pâte à papier.
C'est la plus grande forêt cultivée et artificielle d'Europe.